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Étude DAD : 26 % d’augmentation des risques de congestions cérébrales, d’angioplasties et de pontages coronariens par année de traitement antirétroviral
De nouvelles données cumulatives de l’étude majeure DAD (Data Collection on Adverse event of anti-HIV Drugs) qui, l’année dernière, avaient révélé un risque accru de 26 % pour les attaques cardiaques (ou infarctus du myocarde) par année d’exposition aux antirétroviraux, viennent de montrer que ces médicaments augmentent aussi les risques de congestions cérébrales et d’autres évènements cardio- et cérébro-vasculaires de ce même pourcentage. Ces données sont publiées dans l’édition du 3 septembre de la revue AIDS.
DAD est une étude observationnelle dont l’objectif est de documenter la tolérance à long terme des antirétroviraux, chez plus de 23.000 personnes séropositives, réparties dans onze cohortes sur trois continents. Les premiers résultats, publiés en 2003, avaient montré que sur une période de plus de 36.165 patients-années, 126 patients avaient subi des infarctus du myocarde, dont 36 avaient été fatals. L’incidence de ces infarctus avait augmenté de 26 % par année supplémentaire d’exposition aux combinaisons d’antirétroviraux. Dans l’ensemble, la fréquence des cas rapportés d’infarctus était toutefois restée faible, avec 3.5 cas pour 1000 personnes-années.
Cette nouvelle analyse révèle que 81 autres patients ont présenté des évènements cardio- ou cérébro-vasculaires distincts des infarctus, ces évènements (que DAD documente aussi) étant :
L’incidence des premiers évènements cardio- ou cérébrovasculaires a été de 5.7 cas pour 1000 patients-années de suivi (95 % d’intervalle de confiance ou IC, 5.0 – 6.5) et a augmenté proportionnellement à la durée d’exposition aux antirétroviraux (p < 0.001). Compte tenu de l’étendue des évènements rapportés, cette fréquence reste relativement faible et n’est pas suffisante pour permettre aux chercheurs de DAD de l’attribuer particulièrement à une classe d’antirétroviraux.
Afin de mettre en perspective tous ces évènements avec les facteurs de risque plus classiques d’évènements cardio- et cérébrovasculaires, les auteurs de l’article ont examiné leur risque relatif (RR) en procédant à une analyse multivariée.
Ces facteurs sont, par ordre d’importance :
Des analyses complémentaires ont évalué les associations entre les évènements cardio- et cérébrovasculaires, et un certain nombre de facteurs métaboliques et physiologiques qui sont, par ordre de risque relatif (RR) :
Les auteurs concluent que « les résultats de cette étude continuent de soutenir l’hypothèse selon laquelle les traitements antirétroviraux sont associés à un risque accru d’athérosclérose. » Une observation de cette cohorte sur un plus long terme est cependant nécessaire pour déterminer si ce risque va continuer de s’aggraver avec la durée d’exposition aux antirétroviraux. Jusqu’ici, l’analyse des chercheurs de DAD montre que ce risque augmente chaque année, durant les quatre premières années de suivi, avec un passage du simple au double après quatre années de traitements antirétroviraux, par comparaison à des populations ne prenant pas ces médicaments.
Autre point qui mérite d’être souligné, l’étude DAD ne cherche pas à différencier les classes d’antirétroviraux en termes de risque relatif, dans la mesure où il n’existe pas suffisamment de critères cliniques d’évaluation permettant aux chercheurs de vérifier leurs interprétations de manière absolue. A terme, ces analyses sont toutefois prévues par l’étude.
Références
The DAD Writing Committee. Cardio- and cerebrovascular events in HIV infected persons.
AIDS 18: 1811 – 1817, 2004.
DAD est une étude observationnelle dont l’objectif est de documenter la tolérance à long terme des antirétroviraux, chez plus de 23.000 personnes séropositives, réparties dans onze cohortes sur trois continents. Les premiers résultats, publiés en 2003, avaient montré que sur une période de plus de 36.165 patients-années, 126 patients avaient subi des infarctus du myocarde, dont 36 avaient été fatals. L’incidence de ces infarctus avait augmenté de 26 % par année supplémentaire d’exposition aux combinaisons d’antirétroviraux. Dans l’ensemble, la fréquence des cas rapportés d’infarctus était toutefois restée faible, avec 3.5 cas pour 1000 personnes-années.
Cette nouvelle analyse révèle que 81 autres patients ont présenté des évènements cardio- ou cérébro-vasculaires distincts des infarctus, ces évènements (que DAD documente aussi) étant :
- Interventions cardiovasculaires invasives : des interventions par lesquelles l’intérieur de l’organisme est « envahi » par des cathéters posés sur les gros vaisseaux sanguins, ou des procédures chirurgicales, comme l’angioplastie (suppression des blocages de la circulation sanguine) ou le pontage coronarien. Ces évènements d’ordre cardio- ou cérébrovasculaire ont été les premiers à être subis par 39 patients, sans pour autant qu’ils en décèdent.
- Congestions cérébrales (perturbations soudaines de l’irrigation du cerveau) : les congestions cérébrales ont été les premiers problèmes cardio- ou cérébrovasculaires à être rencontrés par 38 patients, et neuf d’entre elles ont été fatales.
- Décès dûs à d’autres types d’accidents cardio- ou cérébrovasculaires : ils concernent quatre patients qui n’avaient jamais eu aucun problème de ce genre auparavant.
L’incidence des premiers évènements cardio- ou cérébrovasculaires a été de 5.7 cas pour 1000 patients-années de suivi (95 % d’intervalle de confiance ou IC, 5.0 – 6.5) et a augmenté proportionnellement à la durée d’exposition aux antirétroviraux (p < 0.001). Compte tenu de l’étendue des évènements rapportés, cette fréquence reste relativement faible et n’est pas suffisante pour permettre aux chercheurs de DAD de l’attribuer particulièrement à une classe d’antirétroviraux.
Afin de mettre en perspective tous ces évènements avec les facteurs de risque plus classiques d’évènements cardio- et cérébrovasculaires, les auteurs de l’article ont examiné leur risque relatif (RR) en procédant à une analyse multivariée.
Ces facteurs sont, par ordre d’importance :
- Antécédents d’évènements cardio- et cérébrovasculaires (RR, 7.12 ; IC 95 %, 4.91 – 10.3 ; p < 0.001).
- Sexe masculin (RR, 1.82 ; IC 95 %, 1.10 – 3.00 ; p = 0.002).
- Tabagisme (RR, 1.66 ; IC 95 %, 1.14 – 2.42 ; p = 0.008).
- Antécédents familiaux (RR, 1.62 ; IC 95 %, 1.05 – 2.50 ; p = 0.03).
- Âge (RR, par 5 années supplémentaires, 1.42 ; IC 95 %, 1.32 – 1.52 ; p < 0.001).
- Traitement antirétroviral (RR par année d’exposition, 1.26 ; IC 95 %, 1.14 – 1.38 ; p < 0.001).
Des analyses complémentaires ont évalué les associations entre les évènements cardio- et cérébrovasculaires, et un certain nombre de facteurs métaboliques et physiologiques qui sont, par ordre de risque relatif (RR) :
- Diabète (RR, 2.22 ; IC 95 %, 1.46 – 3.37 ; p < 0.001).
- Hypertension (RR, 1.79 ; IC 95 %, 1.25 – 2.56 ; p = 0.001).
- Triglycérides élevés (RR, 1.30 ; IC 95 %, 1.12 – 1.51 par log2 de plus ; p = 0.006).
- Cholestérol élevé (RR, 1.11 ; IC 95 %, 1.03 – 1.19 par mM de plus ; p = 0.008).
Les auteurs concluent que « les résultats de cette étude continuent de soutenir l’hypothèse selon laquelle les traitements antirétroviraux sont associés à un risque accru d’athérosclérose. » Une observation de cette cohorte sur un plus long terme est cependant nécessaire pour déterminer si ce risque va continuer de s’aggraver avec la durée d’exposition aux antirétroviraux. Jusqu’ici, l’analyse des chercheurs de DAD montre que ce risque augmente chaque année, durant les quatre premières années de suivi, avec un passage du simple au double après quatre années de traitements antirétroviraux, par comparaison à des populations ne prenant pas ces médicaments.
Autre point qui mérite d’être souligné, l’étude DAD ne cherche pas à différencier les classes d’antirétroviraux en termes de risque relatif, dans la mesure où il n’existe pas suffisamment de critères cliniques d’évaluation permettant aux chercheurs de vérifier leurs interprétations de manière absolue. A terme, ces analyses sont toutefois prévues par l’étude.
Références
The DAD Writing Committee. Cardio- and cerebrovascular events in HIV infected persons.
AIDS 18: 1811 – 1817, 2004.
