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Les problèmes de peau

Fiche info révisée en janvier 2009

En général, les problèmes de peau chez les personnes séropositives sont dus aux interactions entre le VIH et le système immunitaire, aux infections ou aux effets secondaires des médicaments. Certaines conditions de la peau liées au VIH ou aux effets secondaires du traitement peuvent être très graves et nécessitent des soins médicaux immédiats.

Le système immunitaire et le VIH

Lorsque les individus contractent le VIH au début, ils peuvent avoir des symptômes semblables à la grippe. C’est ce qu’on appelle la maladie de séroconversion. Une éruption cutanée rouge qui ne démange pas peut apparaitre et durer de 2 à 3 semaines. Au fur et à mesure de l’infection, le système immunitaire s’affaiblit, ce qui peut conduire à une peau rouge et qui démange. Des pommades ou des crèmes à base de corticoïdes et des médicaments antihistaminiques peuvent être utilisées en traitement. Les problèmes de peau peuvent aussi se produire lorsque le système immunitaire commence à récupérer grâce au traitement anti-VIH (par exemple acné et folliculite, une infection des follicules) et semble être signe d’un bon fonctionnement de l’immune système.

Les maladies de peau dues aux infections

En général, les infections peuvent être partagées en trois groupes principaux : les infections d’origines bactériennes, parasitaires ou virales.

L’eczéma (peau sèche ou irritée) a de nombreuses origines et peut être traité avec des médicaments antihistaminiques. Pour soulager toute condition de sécheresse cutanée, évitez les longs bains et le savon, les gels douches et autres irritants potentiels. Utilisez plutôt une crème aqueuses (E45) ou un lait hydratant.

La dermatite (inflammation de la peau) est caractérisée par des lésions cutanées rouges et par une peau squameuse. L’eczéma et les infections parasitaires sont souvent à l’origine des dermatites.

La dermite séborrhéique (inflammation des glandes sébacées de la peau) se développe surtout sur les parties poilues du corps et ressemble à des pellicules jaunâtres. Elle est très fréquente chez les séropositifs. Elle peut être traitée par l’application de lotions à base de corticoïdes ou de crèmes ou comprimés antifongiques. Certains problèmes du cuir chevelu peuvent être traités par des shampooings antifongiques antipelliculaires.

La Tinéa est un champignon qui se caractérise par une peau rouge et squameuse et des plaques blanches moites. On la traite avec des crèmes antifongiques.

L’essence d’arbre à thé diluée peut également être efficace. Essayez de garder la peau sèche et évitez tout produit irritant comme les déodorants.

La folliculite (inflammation des follicules caractérisée par des petites papules ou pustules sur le cuir chevelu) est une infection cutanée d’ordre mycosique (levure) qu’on traite avec des médicaments antifongiques. L’impétigo est une infection cutanée d’ordre bactérienne caractérisée par des pustules qui se dessèchent en formant des croutes jaunâtres. Les follicules pileux peuvent aussi s’infecter et former des furoncles ou des abcès qui sont traités avec des antibiotiques.

L’apparition de papules translucides est caractéristique d’une infection virale de la famille des Poxvirus, le Molluscum contagiosum ou d’une infection fongique comme la cryptococcose.  Ceux-ci se propagent très rapidement et nécessitent un traitement.

Les verrues, en particulier les verrues génitales et anales dues au virus HPV sont souvent observées chez les séropositifs.

L’herpès et le cancer indicatif du SIDA, le sarcome de Kaposi, atteignent également la peau.

Les effets secondaires des médicaments

Les personnes séropositives développent souvent des effets secondaires touchant la peau comme des éruptions cutanées (rash). Le plus souvent, ces réactions sont bénignes et le traitement peut continuer. Pour minimiser les risques d’effets indésirables d’un médicament, vous pouvez commencer par prendre une petite dose et augmenter la dose pendant deux semaines jusqu’à la dose normale. La réduction  des doses peut également être efficace mais vous ne devez jamais le faire sans l’avis de votre médecin.  

Si l’éruption est légère, vous pourrez peut-être recommencer le médicament plus tard. Si l’éruption est sévère, le médicament ne doit pas être repris.

Parmi les INNTI, la névirapine (Viramune) entraine une éruption cutanée chez 20 à 30% des individus et l’efavirenz (Sustiva) chez moins de 5%. En général cette éruption est légère et disparaitra dès que votre organisme s’habituera à ces molécules.

Le corticoïde prédnisone peut être utilisé pour atténuer la fréquence de ces éruptions chez les personnes prenant de la névirapine.

Un tout petit nombre d’individus développe une condition dangereuse: le syndrome de Stevens Johnson (SSJ). La nécrose épidermique toxique (NET) est une autre maladie de peau grave. Les réactions graves comme le SSJ et la NET peuvent entraîner une grosse éruption cutanée, des croutes ou des aphtes dans la bouche ou sur les organes sexuels, une peau qui brûle et qui se desquame (dermatite exfoliative). Si ces symptômes se développent dans les deux semaines qui suivent le début du traitement, arrêtez de prendre le médicament et voyez votre médecin immédiatement.

Une éruption cutanée est également le signe d’une réaction allergique à l’abacavir (Ziagen), un médicament anti-VIH. L’abacavir se trouve également dans les médicaments Kivexa et Trizivir. Si cette réaction se produit, vous devez consulter votre médecin immédiatement. Si vous arrêtez l’abacavir à cause d’une réaction allergique, vous ne devez jamais le reprendre car des effets secondaires mortels pourraient en résulter.

D’autres médicaments régulièrement utilisés pour traiter les infections observées chez les séropositifs peuvent entraîner des éruptions cutanées et une réaction de la peau comme par exemple: Le co-trimoxazole, la dapsone, la pyriméthamine, la clindamycine, l’atovaquone, les aminopénicillines, le thiacétazone et la sulphadiazine.