Interactions des médicaments contre la tuberculose et le VIH

Les médicaments contre la tuberculose et les médicaments contre le VIH peuvent réagir entre eux et réduire leur concentration sanguine. La plupart des inquiétudes se sont rapportées sur l’effet des médicaments anti-tuberculeux sur les médicaments contre le VIH, mais une nouvelle étude importante présentée à la conférence lundi a montré que l’infection au VIH peut réduire la concentration de certains médicaments contre la tuberculose, particulièrement chez les personnes au stade avancé du VIH.

Une étude thaïlandaise a trouvé que, 80% des patients recevant la dose normale de 400mg de névirapine avaient une concentration plasmique sous optimale de ce médicament,, qui s’est montré malgré tout, être autant efficace pour contrôler la charge virale pendant les 60 semaines de l’étude. Augmenter la dose de névirapine à 600mg, avec une dose principale de 400mg une fois par jour, a entraîné un taux élevé de réaction d’hypersensitivité.

Mais une autre étude au Botswana a trouvé que chez les personnes séropositives qui ne prenaient pas d’antirétroviraux, les médicaments contre la tuberculose avaient une concentration sanguine faible.  Les chercheurs pensent que l’infection au VIH pourrait changer la façon dont certains médicaments se métabolisent et disent que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour trouver la bonne dose dans le traitement de la tuberculose chez les personnes séropositives.

L’inhibition du HSV-2 réduit-elle les risques d’infection au VIH?

HSV-2, le virus qui est la cause de l’herpes génital, rend les individus plus vulnérables à l'infection du VIH. Même lorsque les ulcères génitaux ne sont pas présents, le virus peut causer de petites lésions qui facilitent l’entrée du VIH dans l’organisme.

Plusieurs études importantes ont testé si un traitement inhibiteur du HSV-2 pouvait réduire l’excrétion du VIH chez les femmes séropositives. Une étude a essayé le valaciclovir, l’autre l’aciclovir. Ces deux médicaments contre l’herpes ont réduit indirectement la quantité de VIH présent dans les secrétions génitales.

Mais, le traitement inhibiteur du HSV-2 chez les personnes qui l’ont déjà contracté protège-t-il contre l’infection du VIH ? La question a été étudiée au cours d'une étude majeure présentée le premier jour de la conférence. L’étude a eu lieu en Tanzanie, et 820 femmes séronégatives ont reçu de l’aciclovir tous les jours ou un placebo.

L’étude n’a trouvé aucune différence dans le taux des nouvelles infections au VIH entre le groupe du placebo et le groupe de l’aciclovir. Les chercheurs pensent que le manque d’efficacité pourrait être dû au taux faible de l’adhésion à l’aciclovir – seule la moitié des participants ont pris au moins 90% des doses pendant les 30 mois de l’étude.

Les résultats de l’étude soulignent un inconvénient important des méthodes de prévention à base de médicaments ou de microbicides : ils doivent être utilisés de façon constante pour pouvoir protéger. Une autre étude récente sur l'utilisation des lubrifiants et des diaphragmes avec les préservatifs, a trouvé que 70% des femmes ont rapporté une utilisation constante du diaphragme et d’autres études sur les microbicides ont rapporté un niveau moins élevé d’utilisation régulière.

La prophylaxie post-exposition (PEP) après un assaut sexuel

La prophylaxie post-exposition – des médicaments antirétroviraux pris dans les 72 heures qui suivent une exposition potentielle au VIH, peut peut-être empêcher l’infection au VIH.

Deux études présentées pendant la conférence ont souligné  le besoin de sensibiliser  beaucoup plus à la prophylaxie post-exposition après un assaut sexuel dans les pays à ressources limitées ou modérées. 

Conception assistée

De nombreuses personnes séropositives et leurs partenaires séronégatifs veulent avoir des enfants. Le désir de procréer est souvent cité comme la raison pour laquelle les personnes séropositives sous traitement antirétroviral n’utilisent pas de préservatifs. Cependant, les rapports sexuels non protégés, même lorsque le partenaire séropositif a une charge virale indétectable, peuvent toujours porter un petit risque d’infection.

Une étude présentée lundi pendant la conférence de l’IAS suggère que les femmes séronégatives peuvent peut-être concevoir sans danger en ayant des rapports sexuels sans protection avec leur partenaire séropositifs, tant que la charge virale séminale est indétectable.  Une combinaison de conseil des couples, de dépistage des IST et de rapports sexuels bien fixés, avec la « sécurité psychologique » des deux doses de ténofovir (Viread) comme prophylaxie pré-exposition (PrEP) – a eu pour résultat un taux de grossesse de plus de 70%, et aucune transmission du VIH.

Vaccin contre Papilloma Virus Humain

Papilloma Virus Humain (HPV) est le virus responsable des verrues génitales. Certains types de HPV causent le cancer cervical et anal.

Malgré le traitement antirétroviral puissant, les personnes séropositives continuent de développer ces cancers,  en partie parce que les individus semblent y être plus vulnérables lorsque la suppression immunitaire est seulement modeste.

Deux vaccins pour protéger contre l’infection au HPV ont été approuvés au niveau international, mais on se sait pas s’ils protègeront bien contre le développement du cancer cervical ou anal chez les personnes séropositives. 

Des chercheurs australiens ont informé la conférence sur des essais au sujet d’un autre vaccin conçu pour éviter le développement du cancer chez les personnes qui ont déjà contracté le HPV. Ils l’ont essayé chez des hommes gais séropositifs et l’ont trouvé sans danger, avec de bonnes réponses immunitaires au vaccin malgré des antécédents de système immunitaire gravement endommagé. Cependant, il n’y avait pas de tendances nettes dans la détectabilité du HPV ou de changements dans les cellules anales lorsqu’on fait la comparaison entre les différentes doses du vaccin et un placebo. 

Cancer de la peau

On sait que les cancers de la peau se produisent plus souvent chez les personnes qui sont immunodéficientes, y compris chez les personnes qui ont reçu une greffe d’organe.

Les cas de Sarcome de Kaposi de la peau chez les personnes séropositives ont diminué de façon dramatique depuis l’arrivée de HAART (Traitement antirétroviral très puissant). Mais certaines études suggèrent que d’autres types de cancer de la peau sont plus communs ou  plus agressifs chez les personnes séropositives.

Des chercheurs américains ont rapporté une analyse des taux de cancer de la peau  chez 4500 patients séropositifs et ont trouvé un taux plus élevé de certains cancers de la peau (mis à part le Sarcome de Kaposi) par rapport à la population générale dans la période suivant l’introduction du traitement antirétroviral puissant de 1996.

Ils disent que comme les personnes séropositives vivent plus longtemps, des examens de dépistage réguliers du cancer de la peau chez les personnes séropositives devraient être considérés.

News from IAS 2007